Cinema 6 novembre 2017

15 ème semaine du nouveau cinéma russe

by admin

Voici l’opportunité de voir un cinéma russe peu diffusé en France. Afin d’ illustrer l’originalité de cette création cinématographique, le Ministère de la Culture de la Fédération de Russie a  effectué une sélection qui révèle  les orientations des metteurs en scène tant par leur choix de sujets, que par le style narratif adopté et le regard porté sur leurs contemporains.

Une avant-première en France pour Matilda, le film d’Alexei Ouchitel sorti en salle fin octobre en Russie. Ce film fait d’ailleurs l’objet d’une vive polémique, et l’affaire a pris une tournure politique, avec l’appui de la députée de Crimée, Natalia Poklonskaïa, aux opposants à la sortie du film Matilda qui porterait un regard négatif sur l’attitude de Nicolas II . Vu sous l’angle français, habitué aux frasques royales, le sujet des relations d’une ballerine avec trois grands-ducs, dont le futur Tsar Nicolas II n’est pourtant pas particulièrement provocateur. Mais la polémique et les actions des opposants ont fait déclarer au ministre russe de la Culture, Vladimir Medinski, que  » toutes les tentatives d’empêcher la projection, de faire pression sur les cinémas privés ou municipaux sont illégales et relèvent purement et simplement de la censure ». Et de  qualifier les activistes anti-Mathilda « d’incendiaires se revendiquant à tort de l’orthodoxie » et de « sectaires discréditant l’Eglise ».

D’autres films, comme Faute d’amour du réalisateur Andrey Zvyagintsev, Prix du Jury au Festival de Cannes 2017, dressent une analyse de la société russe urbaine « post-moderne ». Une société où les relations humaines semblent régies par la quête d’un bonheur « normaté ». L’homme part avec une fille plus jeune, la femme avec un homme plus âgé et plus aisé. Les sentiments du  garçon de 11 ans qu’ils ont eu n’existent plus, subsiste uniquement une stricte assistance matérielle de façade. L’absence de conscience spirituelle conduit l’enfant à quitter cet environnement matérialiste et sans humanité.

Rock, du réalisateur Ivan Chakhnavarov , offre l’analyse d’un autre versant de l’âme moderne russe, la quête d’un futur. Mais celle-ci ne peut se faire sans qu’ une remise en question des espoirs, face aux réalités du parcours initiatique,  ne conduise aux changements des hommes et des buts. Le choix du titre est significatif de la volonté du réalisateur de faire  percevoir le double sens que peut parfois prendre la vie. Rock en effet,  signifie aussi en russe  le  « sort », ce qui modifie donc considérablement la porté du voyage des « héros » du film, qui se rendent à Moscou pour devenir célèbres. Somme toute il s’agit donc pour le trio confronté à de multiples aventures d’une métaphore du voyage d’Ulysse.

Dates et durée des films programmés:

«MATILDE» A. OUTCHITEL -2017, 2h10
«ARYTHMIE» B. KHLEBNIKOV – 2017, 1h56
«LE BOLCHOÏ» V. TODOROVSKI – 2017, 2h12
«LA CARPE (DÉ)GIVRÉE» V.KOTT – 2017, 1h45
«HARMS» I. BOLOTNIKOV – 2017, 1h35
«TANGO BALTE» P. TCHOUKHRAI – 2017, 1h47
«FAUTE D’AMOUR» A. ZVYAGUINTSEV – 2017, 2h07
«LE FILET» A. STRELIANNAYA – 2017, 1h15
«PARADIS» A. KONTCHALOVSKI – 2016, 2h11
«ROCK» I. CHAKHNAZAROV – 2017, 1h27
«SALIOUT-7» K. CHIPENKO – 2017, 1h51
«SELLE TURQUE» Y. RAZYKOV -2017, 1h16
«ALLUME LE FEU !» K. PLETNIOV – 2017, 1h44
«20:17» DOCUMENTAIRE – 2017, 1h15
«LES PREMIERS SUR LA LUNE» A.FEDORTCHENKO – 2005, 1h15
«LE JOYEUX MANÈGE» ANIMATION POUR ENFANTS – 2017, 45′

Du 8 au 14 novembre au cinéma L’Arlequin ex cinéma « Cosmos », salle officielle du cinéma soviétique à Paris.